La promesse de Anne-Marie Castelain

Marie, petite fille entourée d’une famille aimante, grandit dans un quartier où la vie s’écoule paisiblement…Soudain, c’est le bouleversement : mobilisation, exode, occupation…et le père qui abandonne brutalement le domicile familial. Entre rires et larmes, Marie nous fait part de son espoir de voir revenir ce père inconstant et pourtant adoré, tout en décrivant la vie quotidienne de cette époque troublée.

Belle autobiographie, on se laisse emporter par le récit de cette enfance cassée entre la guerre et la séparation des parents. On s’attache à cette petite fille qui grandit trop vite. J’ai aimé

Les prisonniers de la liberté de Luca Di Fulvio

1913, trois jeunes gens embarquent pour l’Argentine. La rebelle Rosetta fuit son village italien. A la mort de ses parents, harcelée, elle n’a eu d’autre choix que d’abandonner sa ferme. Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derrière lui sa Sicile natale. Il refuse de se soumettre à la Mafia locale. Raechel, petite juive russe, a vu sa famille décimée dans un pogrom. Elle n’emporte avec elle que le souvenir de son père. Le nouveau monde les réunira.

L’histoire est captivante du début à la fin. Les sujets abordés sont nombreux et passionnants et les personnages tellement attachants qu’il est vraiment difficile de le poser une fois commencé. Des passages coup de poing qui dénoncent le quotidien si difficile de trop nombreuses femmes. Beaucoup de violence et de misère. Mais aussi beaucoup d’espoir dans la noirceur, le droit à une seconde chance pour tous, un ticket pour une vie meilleure… J’ai adoré

Clameurs de Soleiman Fayyad

L’innocente Simone, pétrie de bonne volonté mais terriblement maladroite, fait irruption dans un village traditionnel du delta du Nil. Deux civilisations s’affrontent en un combat latent dont l’héroïne ne perçoit pas même les prémices. Histoire de deux vies, deux coutumes une française l’autre égyptienne. L’histoire se lit facilement, mais on remarquera que la tension monte petit à petit pour finir de façon terrible. Un bon premier roman.

Le silence des armes de Bernard clavel

Guérit-on jamais de la guerre ? De quel combat meurtrier l’homme peut-il être fier ? Engagé pour cinq ans, Jacques Fortier a cru un temps à la noblesse des armes. Blessé, moralement détruit par les atrocités vécues en Algérie, il revient dans son village du jura pour quelques jours de convalescence. Repartir dans les Aurès, c’est accepter la haine et le sang, admettre l’absurde. C’est renier l’enseignement d’un père incompris, refuser les leçons de sa terre natale. Jeter son uniforme, c’est dire non à l’horreur, choisir la vie, mais aussi devenir traître et déserteur aux yeux de la société. Assassin ou proscrit, Jacques doit choisir. L’histoire est vraiment très bien, j’ai beaucoup aimé.

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes

A l’école, il y a les bons élèves modèles… et il y a Gustave.
Depuis son radiateur au fond de la salle, cet éternel rêveur scrute avec curiosité les oiseaux dans la cour ou les aiguilles de la pendule qui prennent un malin plaisir à ralentir chaque jour. Il aimerait rapporter des notes presque parfaites à sa mère, mais ce sont surtout les convocations du directeur qu’il collectionne pendant les cours. Pourtant, Gustave travaille avec acharnement durant tous les soirs. II passe plus de temps sur ses devoirs que la plupart de ses camarades, mais contrairement à Joséphine, sa grande sœur pimbêche et première de classe, cela ne rentre pas dans l’ordre. Pire, certains professeurs commencent à le prendre en grippe et à le croire fainéant. Parfois, il suffit d’un rien pour qu’une vie bascule du bon côté…

Le livre est un roman plein d’espoir pour les jeunes en situation de décrochage scolaire. Un roman plein d’humanisme, d humour, de sérieux, de dérision, d amour et de persévérance. J’ai bien aimé

A la recherche d’Alice Love de Liane Moriarty

Alice Love tombe en faisant du sport. Lorsqu’elle se réveille, elle pense qu’elle a 29 ans, qu’elle est enceinte de son premier enfant et qu’on est en 1998. En réalité, on est en 2008, Alice a trois enfants, Madison, 10 ans, Tom, 8 ans et Olivia, 5 ans, et s’apprête à divorcer. Comment a-t-elle pu devenir cette femme autoritaire et maigrichonne ? Pourquoi Elisabeth, sa soeur adorée, est-elle en froid avec elle ? Comment Nick, son amour de toujours, et elle en sont-ils venus à se détester ? Alice devra s’efforcer de reconstituer le puzzle de cette décennie oubliée et découvrira si son amnésie est une malédiction ou une bénédiction.

C’est un livre qui nous parle de fertilité, de FIV, d’amour et du couple mais surtout de l’importance de se créer des souvenirs. L’écriture de l’auteure est légère et souvent drôle. J’ai passé un agréable moment de lecture.

Jacques, l’enfant caché d’Emmanuelle Friedmann

Paris, 1943. Pour lui épargner de longs mois à vivre caché dans la cave de son oncle, Blima confie son fils de 8 ans, Jacques, aux bons soins du pasteur Jousselin. Son centre de vacances au château de Cappy dans l’Oise est devenu le refuge de nombreux enfants juifs. Malgré l’inquiétude et la solitude, l’enfance peu à peu reprend ses droits… Dans ce roman inspiré de l’histoire vraie du père de l’auteur, l’émotion et la gravité de l’Histoire ne se départissent jamais de l’espièglerie et de l’innocence de ces jeunes héros. Une écriture d’enfant mais sans plus.

La nuit des enfants qui dansent de Franck Pavloff

Ils se rencontrent à la frontière autrichienne. Zâl va en équilibre sur un fil tendu, tête dans les étoiles et bras en balancier, Andras l’observe, pris au piège des souvenirs de sa vie d’avant dans une Hongrie quittée vingt ans plus tôt. L’un apprivoise l’espace avec sa tribu d’oiseaux, l’autre s’alourdit de trop de mémoire. Ensemble, ils partent pour Budapest où se retrouve la jeunesse d’Europe pour le grand festival d’été sur les iles du Danube, alors que dans l’ombre des gares campent des migrants en déshérence. Un voyage initiatique au cœur de l’Europe toujours hantée par les drames du XXe siècle. L’histoire est intéressante par moment mais sinon rien de plus.

Les fleurs sauvages de Holly Ringland

Lorsqu’une tragédie change à jamais sa vie, la jeune Alice Hart, âgée de neuf ans, part vivre chez sa grand-mère qu’elle ne connaît pas. Quittant le bord de l’océan où elle a grandi, elle trouve refuge dans la ferme horticole de June, où celle-ci cultive des fleurs sauvages d’Australie. Au fil du temps, Alice oublie les démons du passé et apprend à perpétuer la tradition familiale en utilisant le langage des fleurs pour remplacer les mots lorsqu’ils se font trop douloureux. Mais l’histoire des Hart est hantée par de nombreux secrets que June cache à sa petite-fille. Une sorte de fatalité semble accabler les femmes de leur famille, aussi June préfère-t-elle tenir Alice à l’abri de la vérité, quitte à la tenir à distance de l’amour. Une fois adulte, révoltée par ce silence et trahie par celles qui lui sont le plus chères, Alice se rend compte qu’il y a des histoires que les fleurs seules ne peuvent raconter. Si elle veut être libre, elle doit partir et inventer l’histoire la plus importante de toutes : la sienne…

Ce roman met en valeur l’Australie, les fleurs et les femmes. J’ai aimé cette lecture, le style très doux malgré la violence de certains thèmes. Chaque chapitre est dédié à une fleur, en introduction on trouve les propriétés, une illustration, mais aussi sa signification, son langage secret. C’est une très belle saga familiale

La maison de l’Arbre joueur de Lian Hearn

Japon, 1857. Depuis des siècles, le Japon vit replié sur lui-même. Mais, bientôt, il sera contraint de s’ouvrir aux influences étrangères. Les Occidentaux forcent les portes de l’ancien monde. La révolution couve. L’époque des samouraïs est désormais révolue, le pays est à l’aube d’une ère nouvelle. La maison de l’Arbre joueur, dans le domaine du Chôshû, où habitent Tsuru et sa famille, n’est pas épargnée par le vent du changement. La jeune femme rêve de s’affranchir du poids des traditions ancestrales et de suivre les traces de son père en devenant médecin. Elle se trouve alors entraînée dans un monde de subversions, d’intrigues politiques et d’amours interdites. Autour d’elle agissent des hommes puissants et passionnés. Leur slogan est Sonnôjôi : «Vénérez l’Empereur, expulsez les étrangers». Leur méthode est la violence.

La beauté des paysages, les gens courageux que Lian Hearn décrit adoucit un peu le tourbillon des morts et l’horreur de la guerre. La profusion des complots et des personnages a eu tendance à me faire perdre le fils de l’histoire. J’ai néanmoins aimé l’histoire de Tsuru